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Continuer à pâturer sans exagérer

Observatoire Régional de la Croissance de l'Herbe

Semaine 40 - La Normandie connaît des conditions très hétérogènes. Si l’herbe n’existe presque plus dans certaines zones elle représente une part importante de la ration dans les secteurs favorables.

La semaine dernière la croissance moyenne était de 47 kg MS/ha/jour, croissance stable depuis fin août. Autrement dit il a poussé près de 2 TMS d’herbe depuis fin août. Les zones les moins arrosées ont connu des croissances plus faibles avec une moyenne de 38 kg MS/ha/jour.

Allez chercher toute l’herbe sur pied…

Même si les croissances tendent à chuter dans votre secteur, il s’agit de finir d’exploiter le stock d’herbe disponible qui dans de nombreux cas dépasse les 250 kg MS /VL. Soit une quinzaine de jours d’avance.
Plusieurs exemples comme au lycée du Robillard (14) ou à Barenton (50) montrent que le pâturage peut satisfaire plus de deux tiers des besoins du troupeau. On parvient dans ces cas à produire près de 20 l/VL à un coût de moins de 50 €/1000 l.

Ces constats en ferme attestent donc bien de la qualité de l’herbe d’automne. Au-delà du coût alimentaire, le pâturage d’automne permet de limiter l’utilisation de paille liée à la rentrée des animaux au bâtiment. En 2016, l’arrière-saison a été tellement clémente que les animaux sont parfois rentrés en décembre. Une fois n’est pas coutume.

…mais sans piétiner !

Cette préconisation reste toutefois conditionnée aux conditions de portance des sols. Si la pluie ne permet plus un accès aux parcelles ou un pâturage sans dégradation il ne faut plus insister. L’utilisation de plus petits animaux tels que les génisses ou idéalement des brebis permettra de valoriser cette herbe plutôt que de la perdre.
Par ailleurs il faut savoir que les parcelles ont besoin d’un temps de repos d’au moins deux mois et que l’allongement de la période de pâturage vers l’hiver retardera d’autant la pousse printanière suivante. Un compromis est donc à trouver.

2017 un bon cru dans de nombreux cas

Rendement cumulé par zones de pluviométrie sur 22 semaines hors juillet et août.

Sans considérer la pousse estivale non mesurée, les rendements moyens cumulés vont de 6 à plus de 9 TMS/ha. On peut estimer la pousse estivale à près de 2 TMS/ha. Ces rendements, variables suivant les techniques mises en oeuvre, sont parmi les plus élevés des cultures fourragères et assurément le plus rentable. Le site du Loreur dans la Manche présente un rendement de plus de 12 tms/ha !
A l’heure des bilans il est important d’estimer, sur la base des fourrages, le rendement effectivement valorisé. Dans une gestion optimisée, ce dernier doit se rapprocher du rendement cumulé.

 

Hubert DELAPLANCHE, à Estrées la Campagne (14)

Troupeau de 60 limousines, avec vêlages groupés de Septembre à Décembre.

Les parcelles pâturées sont séparées en deux lots (18 et 24 ha) à 30 et 25 km du siège d’exploitation. Les 18 ha qui accueillent des vaches suitées sont situés en zone de marais, en système tournant avec sortie précoce. Le chargement est élevé au printemps (2.4 UGB/ha), mais la sortie des broutards en juin et juillet permet de baisser le chargement sur la période estivale. L’avantage est d’avoir, en zone de marais, une pousse estivale intéressante. Les parcelles pâturées font 2.5 ha, et les animaux y séjournent 8-12 jours et le temps de retour sur la parcelle est de 27 jours en moyenne.
Le pâturage tournant a permis d’améliorer la qualité des prairies sur l’exploitation, en faisant « revenir » le trèfle. Ce système de pâturage a également mis en évidence une économie sur la complémentation des broutards. Habituellement, la fauche permet une récolte moyenne de 2.2 T/ha et une valorisation de 1.6 T par passage. Cette année a été un peu « atypique » avec une pousse très capricieuse dans le Pays d’Auge. M Delaplanche n’a pas complémenté ses animaux pour autant, mais leur a offert plus de surface à pâturer au détriment de la fauche. La mesure de l’herbe hebdomadaire a servi dans ces moments-là à anticiper et ne pas prendre de mauvaises décisions.

Fabien OLIVIER
Chambres d’agriculture Normandie