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Adapter sa conduite pour valoriser une herbe de qualité

Semaine 39 - L’été indien se poursuit, les températures douces et la pluviométrie ont permis une pousse importante pour la saison, la moyenne régionale est de 40 kgMS/ha/jour. Cette situation devrait perdurer la semaine prochaine avec des températures rarement en dessous de 10°C la nuit.

Une herbe de qualité mais une appétence qui diminue

En automne, si la qualité est bien au rendez-vous, c’est la quantité d’herbe ingérée par les animaux qui peut faire défaut. En effet l’appétence peut être dégradée pour plusieurs raisons :

  • Accumulation depuis la mise à l’herbe des bouses et des pissats sur la prairie.
  • Salissement de l’herbe lié au pâturage en conditions humides.
  • Allongement de la période nocturne pendant laquelle les vaches consomment moins d’herbe.

Une bonne conduite du pâturage en automne permet de limiter la diminution de l’ingestion d’herbe.

Même haute, l’herbe reste feuillue

En automne, contrairement au pâturage de printemps, une hauteur importante en entrée est moins pénalisante. Les épis des graminées ont été consommés au printemps, et les repousses ne seront que feuillues. Cela permet une plus grande souplesse d’exploitation. Il est possible d’arrêter le pâturage les jours de pluie si la portance devient limitante pour reprendre ensuite dans de l’herbe plus haute. On fait le tour des parcelles dans l’ordre de rotation. Ne pas hésiter à mettre un fil si vous avez peur de gaspiller.

Bien gratter les parcelles pour une bonne repousse au printemps

Le nettoyage des parcelles conditionne la qualité des repousses l’année suivante. En effet l’automne-hiver est la période préférentielle de tallage des graminées. Pour favoriser le tallage il faut qu’il y ait de la lumière à la base de la tige c’est pourquoi il faut bien raser les prairies. Le nettoyage des parcelles est aussi favorable au trèfle qui a besoin de lumière pour résister au froid. Il faut viser une hauteur de sortie autour de 4 cm pour avoir une parcelle bien nettoyée.
Bien gratter les prairies ne pénalise pas le stock d’herbe disponible au printemps. Une étude a comparé deux prairies qui ont été ou non grattées à l’automne.

Composition du 1er cycle selon la quantité d’herbe restée à l’automne précédent

 

Quantité d’herbe restée à l’automne
Quantité d’herbe au 1er mars suivant
Part de la pousse de printemps
Part de l’herbe d’automne
530 kg MS/ha
1 290 kg MS/ha
1 830 kg MS/ha
1 960 kg MS/ha
71 % = 1300 kgMS/ha
34 % = 670 kgMS/ha
29 %
66 %

On peut voir que le stock d’herbe au printemps est équivalent dans les deux prairies mais avec une pousse d’herbe deux fois plus importante dans la prairie qui a été grattée. La « vieille herbe » a limité la pousse de printemps.

Attention à la météorisation

Dans les prairies riches en trèfle, allongez au maximum le temps de retour pour limiter les risques. Si le doute subsiste, apportez quelques kilos de foin ou de paille de bonne qualité au cornadis pour que tous les animaux aient leur ration.
Enfin, un apport d’huile dans l’eau en préventif peut être envisagé à hauteur de 50 ml/animal/jour.

Témoignage : GAEC du Vastel à Morville (50)

« Cette année nous avons été agréablement surpris par croissance de l’herbe. Avec un peu plus de 30 ares/VL en début de saison, nous avons réussi à faucher une partie du circuit de pâturage assez tôt. Certains paddocks ont même été récoltés deux fois alors que le troupeau était en augmentation. Ces coupes de mai-juin ont commencé à bien remplir les silos mais l’arrivée du sec en juin nous a fait peur car nous n’avions qu’un petit silo de maïs pour l’été. C’était sans compter sur la pluie de juillet-aout qui a permis de maintenir une grande part d’herbe pâturée dans la ration tout en continuant à faire des stocks, une parcelle de ray-grass/trèfle a d’ailleurs été pâturée au fil à 17 cm en aout car les stocks étaient trop importants ! On ne savait pas ou mettre les ensilages de maïs cette année !

Aujourd’hui les VL pâturent toujours une demie ration mais nous allons bientôt commencer a augmenter les fourrages à l’auge, les refus sont trop importants et l’herbe humide d’automne a tendance à faire plafonner le lait. Les taries et les génisses vont donc prendre la suite des laitières pour finir les paddocks et bien gratter avant l’hiver. »

Jules DUCLOS et Marjolaine HUGUET
Conseillers élevage ABN (Association Bio Normandie)