La complémentation des broutards

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Elle est un plus pour les naisseurs à condition qu'elle ne vienne pas corriger des erreurs de conduite du pâturage.

Une efficacité sous conditions

Complémentation de broutards
La complémentation des broutards ne doit pas venir corriger des erreurs de conduite du pâturage

L’intérêt de la complémentation des broutards est reconnu:

  • pour palier à une forte concurrence au pâturage entre les vaches et les veaux
  • en cas de manque d’herbe en été
  • lors de conditions humides => herbe de moyenne qualité

 

Si les conditions de pâture sont favorables et que la qualité de l’herbe est bonne, l’efficacité alimentaire du concentré distribué au nourrisseur est moindre.  Selon la situation, le rapport entre la quantité de concentré apporté et le gain de poids supplémentaire varie de 4 à 10 kg d’aliment pour 1 kg de gain de poids (source ferme expérimentale de Jalogny en Saône-et-Loire).

La complémentation ne doit pas se substituer à la bonne conduite du pâturage

Troupeau blondes d'aquitaine

La quantité de concentré ingérée est d’autant plus faible que la conduite du pâturage est optimisée :

  • mise à l’herbe précoce, 
  • pâturage tournant,
  • herbe jeune et feuillue, 
  • retour précoce sur regain après ensilage
  • enrubannage des excédents d’herbe en mai
  • récolte de foin dès début juin si le temps le permet. 

En conditions de pâturage favorable et bien maitrisée, la consommation est limitée et le concentré ingéré se substitue à l’herbe de qualité, l’efficacité alimentaire est faible (10 kg de concentré pour 1 kg de croît). Dans cette situation, la complémentation a peu d’intérêt pour le nourrisseur.

Par contre, dès que l’herbe vient à manquer ou que sa qualité est médiocre (période humide, herbe épiée), la distribution de concentré au nourrisseur permet de  maintenir la croissance des veaux (4 kg de concentré pour 1 kg de croissance). La consommation augmente et peut rapidement dépasser  3 à 4 kg de concentré.


La quantité de concentré ingérée est un bon indicateur de la qualité et de la quantité d’herbe à disposition des veaux.  Elle doit alerter le naisseur sur la cohérence de son système de pâturage.

La complémentation des broutards modifie le comportement alimentaire en engraissement

La complémentation des broutards permet de les produire plus lourds, « fleuris » et facilite l’adaptation à la ration d’engraissement. Ces arguments incitent légitimement les naisseurs à complémenter les broutards pour une négociation plus facile.
Pour que la complémentation des broutards soit économiquement intéressante, il est préférable de  séparer les lots de vaches avec veaux mâles des lots de vaches avec veaux femelles. Ces dernières, conservées majoritairement pour l’élevage peuvent se passer de nourrisseur tant que les conditions de pâture sont normales.  


Les essais conduits aux Etablières en Vendée soulignent que les performances en engraissement sont légèrement en faveur des broutards raisonnablement complémentés (2à 3 kg de concentré sur le dernier mois pour un GMQ de l’ordre de 1400 g/jour).  Par contre, ces essais montrent également  que les engraisseurs n’ont pas d’intérêt particulier à acheter des broutards fortement complémentés avant sevrage. Les broutards qui ont des croissances avant sevrage supérieures à  1600 g/jour pour des complémentations de 4 à 5 kg de concentré ont de moins bonnes performances en engraissement.
D’autres essais ont montré que les fortes complémentations avant sevrage sont probablement moins pénalisantes si l’aliment utilisé au nourrisseur est de forme cellulosique ou si  l’engraissement se poursuit en ration sèche.
Dans le cas des naisseurs engraisseurs, la complémentation avant sevrage permet de réduire l’âge à la vente de 15 à 30 jours pour un même poids de carcasse. Par contre, la marge n’est pas significativement améliorée du fait de l’augmentation globale du coût alimentaire.

Quelques recommandations

  • Un mélange fermier contenant 16 à 18 % MAT


          Exemple de mélange pour 100 kg d'aliment

          16 kg de tourteau de soja + 82 kg de blé + 2 kg de CMV (5/25)

          25 kg de tourteau de colza+ 73 kg de blé + 2 kg de CMV (0/32)

          54 kg de pois + 44 kg de blé + 2 kg de CMV (5/25)

          48 kg de luzerne déshydraté + 48 kg de blé + 2 kg de CMV (8/16)

  • Ne pas complémenter trop tôt pour éviter une surconsommation de concentré au détriment de l’herbe
  • La complémentation peut démarrer 2 à 3 mois avant le sevrage. Objectif : 1,5 Kg/j

  • Constituer des lots de vaches avec des mâles d'un poids homogène pour contrôler le niveau d’ingestion

  • Positionner le nourrisseur là où les vaches ont l’habitude de séjourner en phase de repos

  • Penser à sevrer dès que le niveau d’ingestion est élevé (4 à 5 Kg/j)

  • Associer des fourrages grossiers si l’herbe est limitée et le niveau d’ingestion de concentré élevé

  • Surveiller les veaux (ballonnement, acidose…)

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Jean-Claude DORENLOR

Conseiller système bovins viande/Equins

Tél : 02 33 06 49 61

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