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Fumure organique

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Le contexte économique nécessite d'optimiser les intrants et à réfléchir l'utilisation des engrais disponibles sur l'exploitation. Les engrais de ferme sont sources d'éléments fertilisants. Mieux pris en compte dans la gestion de la fertilisation, ils peuvent permettre de réduire la facture d'engrais. Maîtriser les apports passe par la mesure des teneurs et des quantités réellement épandues. Valoriser les apports implique d'épandre dans de bonnes conditions.

Les engrais de ferme, une richesse en éléments fertilisants

Les engrais de ferme recèlent de l'azote, de l'anhydride phosphorique, de la potasse mais aussi du soufre, de la chaux, du magnésium et des oligo-éléments.

L'azote : tout n'est pas utilisable la 1ère année

Les engrais de ferme contiennent de l'azote

  • sous forme minérale, rapidement utilisable par les plantes
  • sous forme organique, dont une partie minéralise l'année de l'apport et une autre partie qui minéralise sur plusieurs mois.


Ainsi, un fumier de bovins épandu sur maïs au printemps libère environ 30 % de l'azote total qu'il contient.

Phosphore et potasse : aussi efficaces qu'un engrais minéral

30 T/ha de fumier de bovins apportent en moyenne 90 kg P2O5/ha et 190 kg K2O/ha. La potasse contenue dans les engrais de ferme est aussi soluble que dans un engrais minéral. Elle est donc totalement et entièrement disponible pour les plantes. Le phosphore d'un engrais de ferme est aussi efficace qu'un engrais minéral excepté pour les lisiers de porcs et des déjections de volailles. En effet, les phytates qu'ils contiennent sont peu disponibles. Jusqu'à présent, on considère que le phosphore du lisier de porcs est disponible à 85% et celui des déjections de volailles à 65%. De récentes études de l'INRA montrent que la disponibilité à long terme du phosphore est identique ou supérieure à celle des engrais solubles.

Chaux

Les engrais de ferme contiennent de la chaux. Ils contribuent au maintien du pH s'il n'y a pas d'excès azoté. Dans tous les cas, les engrais de ferme sont beaucoup moins acidifiants que les engrais minéraux. Quand 100 kg d'ammonitrate présente un équivalent CaO négatif de 33,5 kg, 20 tonnes de fumier présentent un équivalent CaO neutre et 5 tonnes de fientes de volailles en présentent + 50 kg.

Soufre : des apports réguliers d'engrais de ferme couvrent les besoins des cultures

Les teneurs en soufre des engrais de ferme varient en fonction des complémentations minérales. A titre indicatif, 30 t/ha de fumier de bovins libèrent 30 à 90 kg SO3. Epandus régulièrement, les engrais de ferme couvrent généralement les besoins en soufre des cultures. Il faut cependant compléter les apports sur les cultures exigeantes, telles que le colza.

Oligo-éléments

Des apports réguliers de lisiers, fumiers ou composts assurent une nutrition correcte en oligo-éléments des cultures et prairies.

Bien connaître la valeur de ses engrais de ferme

Analyser les engrais de ferme disponibles sur l'exploitation est un premier pas vers une meilleure gestion de la fertilisation.

Pour chaque type de production, les teneurs en éléments fertilisants varient fortement selon :

  • l'alimentation et son mode de distribution. Par exemple, pour les porcs, l'alimentation biphase réduit les rejets azotés et phosphorés de 10 à 30%.
  • la nature de la production (les animaux qui produisent du lait génèrent plus de déjections que ceux qui produisent de la viande) et au niveau de production
  • le mode de logement des animaux (nature de la litière, nombre de raclage, etc.)
  • le stockage des engrais de ferme.


D'après 1540 analyses de fumier de bovins analysés en Basse-Normandie, les teneurs azotées et potassiques sont légèrement inférieures aux références officielles du CORPEN (Comité pour la Réduction de la Pollution des Eaux par les Nitrates). Notons aussi (voir graphique 1) que les teneurs varient fortement d'un fumier à l'autre. Ainsi la moitié des fumiers a une teneur :

  • en azote total comprise entre 4,4 et 5,9 unités,
  • en anhydride phosphorique entre 2,3 et 3,6 unités,
  • en potasse entre 4,7 et 8,5 unités.
Graphique 1: Teneurs de 1540 fumiers de bovins analysés par le LANO entre 2000 et 2005

Dans le cas de fosses non couvertes, les teneurs varient en fonction de la pluviométrie. Il est judicieux d'analyser les lisiers à deux époques dans l'année. De même si le système a été modifié (bâtiment, stockage, alimentation), il est intéressant de remesurer les teneurs de l'engrais de ferme qui sera épandu. Une analyse d'engrais de ferme vaut environ 50 euros. Ce coût est rentabilisé par l'optimisation des engrais apportés. Moins précis mais plus rapide, les outils Agrolisier ou Quantofix indiquent la teneur en azote ammoniacal des lisiers.

Bien évaluer les quantités apportées

Une fois les teneurs mesurées, il faut évaluer au plus juste les quantités réellement épandues sur les parcelles. Pour cela, 2 méthodes peuvent être confrontées :

  1. Peser son épandeur
    La pesée est le moyen le plus précis pour évaluer les quantités épandues. Il est aussi possible d'estimer la densité du fumier pour recalculer la quantité. Par exemple, 30 épandeurs de 10 m3 chargés avec un fumier moyen de 750 kg/m3 représentent 185 tonnes de fumier. Pour le lisier, on estime une tonne remplie à 90% de sa capacité.

  2. Calculer avec les références CORPEN
    Sachant qu'une vache laitière rejette 85 kg N/an et qu'elle reste 6 mois en stabulation, l'azote maîtrisable est de 42,5 kgN (85 x 6/12). Si le fumier vaut 5 kgN/tonne alors une vache produit théoriquement 8,5 tonnes de fumier à l'année. Le calcul est semblable pour les autres catégories d'animaux.

Epandre au bon moment

Les conditions d'épandage déterminent la valorisation des engrais de ferme. L'objectif est de faire coïncider les périodes de minéralisation de l'engrais de ferme et l'absorption de la culture.

Par exemple, un lisier de porcs qui contient 60 % d'azote sous forme minérale, rapidement minéralisable est à épandre au plus près de la période d'absorption par les plantes. Ce sera donc au printemps sur prairies, fin février sur blé et au plus près du semis sur maïs. Le lisier, à forte teneur en azote ammoniacal, doit être enfoui au plus vite pour limiter la volatilisation. La perte d'azote peut atteindre 40% pendant les 5 heures qui suivent l'épandage.

Pour les engrais de ferme dont l'azote est majoritairement sous forme organique, l'apport doit être fait suffisamment tôt. Ainsi la minéralisation libère l'azote au moment où la plante l'absorbe.

Avec les dérobées implantées avant maïs, l'apport de fumier est trop tardif. Si possible, privilégier les fumiers mous ou les lisiers plus rapidement minéralisables.

Pour limiter les contraintes de stockage, l'idéal est d'apporter des engrais de ferme en hiver. Sur sol portant et en respectant la réglementation, il est possible d'épandre du fumier mûr ou du compost sur prairies.

Exemple des périodes optimales d'épandage sur maïs

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